Les LGBTphobies sur Internet

Peu de données existent sur les thèmes spécifiques de l’homophobie et de la transphobie sur Internet. Car si malheureusement trop peu d’actes de discriminations ou de harcèlements sur Internet sont signalés par les victimes, ce constat est d’autant plus vrai pour la communauté LGBTQI. Ces cas de discriminations sont donc comptabilisés dans le recensement général du cyber-harcèlement, ou des violences, des actes et discours de cyber haine.

Comment s’illustre le harcèlement des LGBT sur Internet ?

- commentaires (suite à la publication d’articles, de photos, de statuts, de vidéo … )
- les mails (au contenu homophobe ou transphobe, souvent envoyés à répétition)

- les publications de photos, vidéos, chansons, images truquées … (envoyés par mail, ou postés sur les profils d’utilisateurs. Des phénomènes récurrents sont notamment la publication de photos privées, parfois modifiées et truquées, la diffusion de vidéos témoins d’une agression, ou celle de vidéos de « discours » de propagande, censées « expliquer » et donc « justifier » la haine, l’agression … )
- les insultes (qui s’insinuent dans les posts et sont souvent associées à des noms, des profils d’utilisateurs)
- les rumeurs ou les ragots
- l’usurpation (après vol des mots de passe, les harceleurs qui ont accès aux comptes et aux profils des victimes, publient en leur nom)

- les tweets ou publications (l’ensemble des contenus « postés » ou écrits sur les espaces d’expression des réseaux sociaux. Les tweets sur les « fils » de Twitter et les publications sur les « murs » de Facebook).

- les hashtags (« mots clés » qui permettent de relier des messages dans un même but et d’augmenter la visibilité des propos.

- les « outils de ralliement » (on parle ici des groupes, pages et hashtags, mais aussi des forums de discussion et des blogs dont le but est de se retrouver en une « communauté » qui partage ces idées homophobes et transphobes. Du contenu, des propos, des noms et profils d’utilisateurs, sont alors échangés pour mieux « lutter » contre la "cible". Ces « groupes » ont « la caractéristique d’être très violents et de renforcer des stéréotypes sur une communauté dans le but de propager des mythes et préjugés et de proposer des solutions d’extermination de celle-ci. Dans ces (groupes), les faits sont présentés comme réels, dans l’intention de brouiller la frontière entre fiction et réalité ». Ce sont des « plateformes » dans lesquelles les utilisateurs se protègent et s’encouragent les uns, les autres et où on assiste à une grande libération de la parole entretenue par l’ensemble de la « communauté ».)

- l’outing (les nouvelles technologies sont un outil de prédilection pour les personnes qui cherchent à « désigner » un individu comme étant homosexuel ou transsexuel. Au vu des caractéristiques de ces médias, ils s’assurent par ce biais, une diffusion instantanée et quasi illimitée. Que l’information soit vérifiée ou véridique n’importe peu, il s’agit ici de lyncher la victime en place publique, de la désigner et de pouvoir proférer des menaces personnalisées. Dans ce cas, toutes les formes de harcèlement sont souvent utilisées : commentaires, statuts, mails, publications, tweets, hashtags…des pages et des groupes, notamment sur Facebook, on même été créés spécialement dans ce but.)

Le cas précis de la lesbophobie

Grâce à la dernière enquête de SOS Homophobie en France sur la lesbophobie , quelques données sont disponibles concernant ce cas précis de discrimination :

- en France en 2014, 130 cas de lesbophobie sur internet ont été signalés.
- 13% de ces cas avaient été perpétrés sur les réseaux sociaux
- ces actes de lesbophobie concernent :
.les insultes à 70%
.les actes de rejets à 55%
.les moqueries à 44%
.la diffamation à 27%
.les menaces à 22%
- 70% de ces actes sont commis par des personnes inconnues des victimes
- 27% des victimes signalent avoir plus de mal à vivre leur homosexualité à la suite des ces évènements.